Fuir la baisse te coûte cher

« Si vous voulez avoir le meilleur rendement possible, vous devez être prêt à subir une immense volatilité. »

 

– Bill Ackmann

 

Bill Ackman, c’est pas n’importe qui.

 

Fondateur de Pershing Square Capital, l’un des hedge funds les plus suivis au monde. 

 

En 2020, pendant que les marchés s’effondraient, il a transformé une couverture de 27 millions de dollars en 2,6 milliards en l’espace de quelques semaines. 

 

Un mouvement de génie, ou de folie, selon l’angle où tu te places.

 

Mais ce qu’Ackman dit dans cette citation, ce n’est pas réservé aux gérants de fonds qui jouent avec des milliards.

 

C’est une vérité universelle sur le fonctionnement des marchés, et la plupart des investisseurs refusent de l’entendre.



Parce que le réflexe naturel va dans l’autre sens.

 

On pense instinctivement que bien investir, c’est éviter la volatilité (ces montagnes russes quotidiennes qui font monter et descendre la valeur de ton portefeuille).

 

  • Trouver les placements « sûrs ».
  • Acheter au bon moment. 
  • Vendre avant la tempête.

 

Et surtout, ne pas rester exposé quand les marchés s’effondrent.

 

  • C’est ce que les banques t’ont appris. 
  • C’est ce que les médias financiers répètent chaque semaine. 

 

Et c’est ce que ressent instinctivement n’importe quel humain quand il voit son portefeuille baisser de 15%.

 

Alors je vais te poser la question directement.

 

La dernière fois que les marchés ont vraiment corrigé, qu’est-ce que tu as fait ?

 

Parce que ta réponse à cette question, elle en dit plus sur ta performance long terme que n’importe quel choix d’action ou d’ETF¹.



Voilà la croyance dominante : « La volatilité, c’est le risque. Et le risque, c’est l’ennemi. »

 

Et pourtant…

 

La réalité, c’est que la volatilité est le prix d’entrée des meilleurs rendements, pas son opposé. Son préalable obligatoire.

 

Regarde ce que disent les chiffres.

 

Entre 1980 et 2024, le S&P 500² a généré en moyenne 10,7% de rendement annuel. Avec des baisses intra-annuelles moyennes de 14%. Et des krachs de -30%, -40%, voire -50% qui reviennent avec une régularité que personne ne prédit, mais que tout le monde finit par vivre.

 

Maintenant, regarde ce qui se passe si tu essaies d’esquiver cette volatilité.

 

Les études de JP Morgan montrent que si tu avais manqué les 10 meilleurs jours de Bourse sur les 20 dernières années, ta performance finale aurait été réduite de plus de 50%. Et si tu avais manqué les 20 meilleurs jours ? Tu aurais à peine battu le Livret A.

 

Le problème, c’est que ces 10 meilleurs jours arrivent toujours dans la panique.

 

Jamais dans l’euphorie. Jamais quand « tout va bien » et que tu te sens à l’aise pour acheter.

 

C’est le mercredi après le krach du lundi. C’est le rebond de 8% que personne n’a vu venir parce que tout le monde vendait encore la veille.

L’investisseur qui fuit la volatilité ne réduit pas son risque, il réduit ses chances de construire un patrimoine réel.



Alors comment on change ça ?

 

Je ne te dis pas de « faire avec » et de souffrir en silence quand ton portefeuille plonge. 

 

Ce que je te dis, c’est que la tolérance à la volatilité est un muscle, il se construit, il s’entraîne. 

 

Et il y a 3 leviers concrets pour y arriver :

  1. Comprendre la mécanique structurelle des marchés, c’est-à-dire que la hausse est la règle et la baisse l’exception, sur 300 ans d’histoire boursière
  2. Investir en DCA³ de façon automatique, pour que chaque baisse devienne mécaniquement une opportunité d’acheter à prix réduit
  3. Couper le bruit pendant les périodes de stress, les alertes, les notifications, sauf pour vérifier qu’on n’a pas raté une opportunité d’achat

 

Ackman peut tolérer une immense volatilité parce qu’il sait exactement pourquoi il est positionné. 

 

La volatilité ne le prend pas par surprise, il l’a anticipée. 

 

Il l’a intégrée dans son plan.

 

Toi, tu peux faire exactement pareil.

 

  1. À ton échelle. 
  2. Avec tes ETF.
  3. Avec ton DCA.
  4. Avec une stratégie qui tient compte du fait que les marchés baisseront, et qu’ils remonteront.

La différence entre l’investisseur qui panique et celui qui reste calme ne tient pas à leur intelligence.

 

Elle tient à leur niveau de préparation mentale.

 

Et cette préparation commence par accepter, vraiment accepter, la phrase d’Ackman comme une vérité de base.

 

Les meilleurs rendements ont un prix.

 

Ce prix, c’est l’inconfort. 

 

La nuit où le marché chute de 8% et où tout le monde vend. 

 

Le mois où tu lis partout que « cette fois c’est différent ». 

 

L’année où ton portefeuille est dans le rouge et où ton entourage te demande si tu avais raison d’investir.

 

La majorité des gens refusent de payer ce prix.

 

C’est exactement pour ça que la majorité des gens n’obtient pas les meilleurs rendements. 😌

 

Garde la tête froide, reste discipliné.

 

Bonne chance pour tes investissements !

 

Jody Cavalie

Notes explicatives :

 

  1. ETF (Exchange Traded Fund) : Fonds indiciel coté en Bourse. Permet de répliquer la performance d’un indice comme le S&P 500 avec des frais réduits et une diversification immédiate.
  2. S&P 500 : Indice boursier regroupant 500 des plus grandes entreprises américaines. Baromètre de référence des marchés actions et de l’économie US.
  3. DCA (Dollar Cost Averaging) : Investir une somme fixe à intervalles réguliers, indépendamment du niveau du marché. Transforme la volatilité en alliée et favorise la discipline long terme.